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 Le cimetière de bateaux à nouveau menacé de destruction!

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Date d'inscription : 25/06/2006

MessageSujet: Le cimetière de bateaux à nouveau menacé de destruction!   Sam 8 Sep - 23:02

Compte-rendu de la réunion à la sous-préfecture de Lorient le 17 août 2007


Le 17 avril 2007, nous avons été conviés à un entretien à la sous-préfecture de Lorient pour évoquer le dossier relatif au cimetière de bateaux du Magouër.

Autour de la table étaient réunis Mr le sous-préfet HOREL, Mr LESQUER du bureau de l’urbanisme et du développement durable, ainsi que Gérard GUILLAS vice-président de l’association et moi-même.

La réunion a débuté à 9h30.

Nous avons remercié Mr le sous-préfet pour son invitation et lui avons dit notre regret, car depuis décembre 2002, début de cette affaire, aucune concertation n’avait eu lieu, et que sans doute, si tel avait été le cas, les choses auraient été différentes.

Mr le sous-préfet prit la parole pour rappeler qu’une étude avait été menée par les services de l’Etat, la Préfecture Maritime pour la navigation, DDE Maritime, gendarmerie, pompiers pour la sécurité et la DRAC pour définir le caractère patrimonial de ces vieux bateaux.

Il a rappelé que la destruction était sollicitée par le maire de Plouhinec qui souhait y mettre un terme pour cause de danger avéré.

De cette étude, il ressort que pour la préfecture maritime les bateaux du Magouër ne gênent pas la navigation. Cependant au niveau de la sécurité, ils posent quelques problèmes liés à l’état variable de leur conservation, aux clous et périodiquement aux jeunes plongeurs qui s’en servent pour se baigner.

Ne commentons pas, il y en aurait trop à dire à commencer par l’absence de tout accident depuis 60 ans.

Cette analyse a appelé de notre part l’usage d’une maxime : « quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage » et d’une interrogation : « il reste onze cimetières de bateaux en Bretagne, pourquoi seul celui du Magouër pose-t-il problème ? »

A cause de son accessibilité sur la plage à marée basse, nous a-t-on répondu.

Certes, tous les cimetières de bateaux ne sont pas installés sur une plage, mais plusieurs sont accessibles y compris celui de Kerhervy (photo d’avril 2007 jointe présentée au sous-préfet). D’autres cimetières, Camaret, Léchiagat, installés en pleine ville ne provoquent pas autant de polémique.

Nous avons aussi rappelé l’historique des vaines réunions. La première en mairie de Plouhinec, le 20 mars 2003, rassemblait alors, responsables institutionnels et membres du comité de défense. Une issue favorable avait été trouvée. Le cimetière de bateaux devait être conservé compte tenu de l’attachement de la population riveraine de la ria à son patrimoine maritime et de son attrait culturel et touristique. Le maire avait pris l’engagement de souscrire une A.O.T. de 10 ans renouvelables et l’association via une convention devait pour sa part, prendre en charge l’animation du site et l’accueil. Hélas, sans apporter la moindre explication, les engagements n’ont pas été tenus.

La seconde, le 12 mai 2005, est toujours organisée en mairie en présence du Maire, de l’adjoint chargé des associations, de la directrice générale des services, de trois membres de l’association. Les propositions faites le 20 mars 2003 (AOT – convention) furent à nouveau évoquées. Cette fois encore, comme lors de la précédente rencontre, aucune suite ne leur a été donnée, ni aucune explication n’a été apportée sur les causes du non respect des engagements pris.

Nous avons évoqué le travail remarquable réalisé par Françoise PERON, géographe, chercheuse au CNRS sur le patrimoine maritime culturel français (copie jointe). Extrait : « Le patrimoine maritime culturel du littoral est quasiment ignoré des politiques d’aménagement des zones côtières. Il peut être considéré comme une ressource à part entière au même titre que les espèces sauvages de la faune et de la flore côtières. Il est temps de définir aussi des modes de gestion intégrés, harmonieux, réfléchis et durables des patrimoines hérités des activités et des cultures maritimes des sociétés passées ». Un inventaire non exhaustif a été réalisé, à l’intérieur duquel, sont inclus les cimetières de bateaux.

Nous ne pouvons laisser dire qu’ici le patrimoine maritime n’existe pas, c’est évidemment faire injure à la mémoire des personnes directement concernées par ces vieux bateaux, mais c’est aussi porter atteinte à l’identité profonde des gens de la région, c’est oublier que dans nos modes de vie mondialisés et uniformisés, ce que recherchent nos visiteurs ou les nouveaux résidents, c’est précisément l’identité locale, souvent inscrite dans un patrimoine modeste.

L’implantation de ces vieux bateaux au Magouër n’est pas le fait du hasard. Elle est due à l’initiative en 1954 d’un ingénieur TPE d’Auray pour deux raisons :
1. L’ensablement du chantier naval.
2. L’ensablement de l’anse du Magouër dans laquelle se déverse un ruisseau au fort débit hivernal.
Si ce dernier devait être obstrué, il ne manquerait pas de réagir en amont.

Le sous-préfet a déclaré son attachement au patrimoine. Nous lui avons dit notre souci de l’éthique, de la parole donnée, en faisant référence aux promesses non tenues, aux non-dits imputables aux représentants institutionnels (maire) et de l’Etat (DDE maritime). S’adressant à ses administrés par l’intermédiaire du bulletin municipal, le maire en août 2006, n’invoquait pas l’argument de la sécurité pour détruire les vieux bateaux, mais la construction d’une aire de carénage (copie jointe).

Interrogé sur la solution envisagée pour remplacer les vieux bateaux, le sous-préfet ne nous a apporté aucune réponse.

Il nous a alors autorisé à communiquer sur cette réunion et éventuellement à lui écrire si nous le souhaitions. Nous lui avons fait savoir que si ce cimetière devait être détruit, une grande amertume s’installerait autour de la ria d’Etel.

Avant de nous quitter, nous lui avons rappelé les 3000 signatures recueillies en janvier-mars 2003 pour la sauvegarde de ce cimetière de bateaux et dit que la démocratie, c’était aussi écouter ses concitoyens.

La séance a été levée à 10h45.

« Contre un vulgaire nettoyage, notre mémoire entrera-t-elle en carénage ? » GICQUEL Roger, LE DANVIC Daniel, 2001, Les bateaux du grand silence, la Part Commune.

Marcel THOMAS
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